Avancées en Neuro-Oncologie : Vaincre la résistance aux traitements chez les enfants atteints du neuroblastome

Une nouvelle étude luxembourgeoise laisse envisager un traitement personnalisé contre le neuroblastome, particulièrement résistant aux médicaments.

Image: By Abby Tabor | Science Writer at NASA's Ames Research Center

Un laboratoire de recherche luxembourgeois vient de publier ses découvertes récentes dans le prestigieux journal « Oncogene » du « Nature Publishing Group » en collaboration avec l’asbl « Een Haerz fir kriibskrank Kanner ». Ces résultats pourraient aider les jeunes enfants atteints d'une forme mortelle du cancer du système nerveux, appelé neuroblastome. Un tiers des patients atteints, principalement des enfants de moins de 5 ans, souffre d'une variété de la maladie qui est extrêmement résistante aux médicaments contre le cancer, ce qui les met particulièrement en danger. Les chercheurs en comprennent mieux aujourd'hui la raison, et comment une substance naturelle aux propriétés anticancéreuses peut aider à vaincre cette résistance.

Un laboratoire de recherche luxembourgeois vient de publier ses découvertes récentes dans le prestigieux journal « Oncogene » du « Nature Publishing Group » en collaboration avec l’asbl « Een Haerz fir kriibskrank Kanner ». Ces résultats pourraient aider les jeunes enfants atteints d'une forme mortelle du cancer du système nerveux, appelé neuroblastome.

Un tiers des patients atteints, principalement des enfants de moins de 5 ans, souffre d'une variété de la maladie qui est extrêmement résistante aux médicaments contre le cancer, ce qui les met particulièrement en danger. Les chercheurs en comprennent mieux aujourd'hui la raison, et comment une substance naturelle aux propriétés anticancéreuses peut aider à vaincre cette résistance.

L'équipe du LBMCC (Laboratoire de Biologie Moléculaire et Cellulaire du Cancer) cherche à comprendre ce qu'il se passe dans le neuroblastome à plusieurs niveaux : celui des différentes populations cellulaires qui composent la tumeur, des cellules cancéreuses individuelles et de leurs molécules. Cette ligne de recherche sera nécessaire pour développer des traitements pouvant être adaptés au cas spécifique de chaque patient.

Le ménage cellulaire pour éviter la mort : la technique du cancer

Ce qui rend certains patients atteints du neuroblastome si vulnérables, c'est que l'environnement local de la tumeur à l'intérieur du corps est composé d'une population très variée de cellules neuroblastiques (N) de la tumeur elle-même et de cellules stromales (S), qui composent le tissu conjonctif entourant la tumeur. Les résultats du LBMCC montrent que les cellules S répondent différemment des cellules N aux traitements anti-cancer, révélant ainsi l'origine de la résistance aux traitements du neuroblastome.

Le docteur Flavia Radogna, premier auteur de l’étude, a testé sur les deux populations cellulaires l'effet d'un composé antitumoral, appelé UNBS1450. L’association Een Haerz fir kriikskrank Kanner (Un cœur pour les enfants atteints du cancer), association de parents contre le neuroblastome, y voit une approche prometteuse et soutient le travail du laboratoire en lui accordant une bourse.

Lorsque les cellules fonctionnent normalement, elles décomposent et font disparaître toute partie endommagée à travers un processus appelé "autophagie" (se manger soi-même). Les cellules cancéreuses emploient également cette stratégie lorsqu’elles sont touchées par un médicament toxique afin d'essayer d'éviter la mort cellulaire programmée (apoptose) qui surviendrait autrement suite à de tels dommages importants. L'équipe du LBMCC, dirigée par le professeur Marc Diederich, a découvert que les cellules tumorales traitées avec UNBS1450 n'étaient plus capables de se débarrasser de leurs mitochondries, structures à l'intérieur des cellules qui produisent de l'énergie, lorsqu'elles étaient abîmées. Cette autophagie défectueuse a donc déclenché l'apoptose des cellules N ; un résultat positif dans le cadre d'un traitement contre le cancer.

Cellules neuroblastiques (N) : non-traitées (gauche) et traitées avec UNBS1450 (droite).
Suite au traitement avec le composé anticancéreux, les cellules ne sont pas capables d'éliminer efficacement
les mitochondries abîmées (en jaune), ce qui indique qu'elles subiront la mort cellulaire programmée.
(Crédit image : LBMCC)

 

Il n'en allait cependant pas de même avec les cellules S. Si l'utilisation de UNBS1450 a également endommagé leurs mitochondries, les cellules ont été capables de se débarrasser de ces éléments abîmés et ainsi d'éviter de subir le même sort que les cellules N, l'apoptose. Pouvoir utiliser ce type d'autophagie spécifique, appelé mitophagie, semble être le principal mécanisme responsable du fait que les cellules stromales évitent l'apoptose, et donc de la résistance du neuroblastome à la chimiothérapie. A des doses suffisamment importantes, UNBS1450 a été capable de tuer des cellules S, mais par un autre processus de mort cellulaire appelé necroptose, un mécanisme de mort cellulaire alternatif et prometteur.

Prédictions et personnalisation du traitement du neuroblastome

A partir de ces résultats, les chercheurs concluent que le niveau de mitophagie pourrait être utilisé pour prédire la sensibilité de chaque patient au traitement, ce qui permettrait de personnaliser leurs thérapies. Certains patients atteints du neuroblastome pourraient par exemple montrer des réponses positives à un médicament encourageant l'apoptose de cellules cancéreuses, associé à un inhibiteur de l’autophagie. En effet, l’autophagie permettrait autrement de faire échapper des cellules au programme de mort cellulaire.

Associer ces thérapies nécessitera cependant de déterminer précisément les étapes ayant lieu à l'intérieur des populations de cellules stromales et tumorales, ainsi que leurs interactions.

Le médicament à l'étude dans cette recherche, UNBS1450, utilise une substance naturellement présente dans la plante tropicale Calotropis procera. Utilisée à l'origine pour le traitement de problèmes cardiaques, son activité antitumorale attire de plus en plus l'attention. Le LBMCC a récemment révélé comment cette substance parvenait à tuer plusieurs types de cellules cancéreuses. En raison de ses autres atouts, dont sa capacité à tuer spécifiquement les cellules cancéreuses sans toucher aux saines, ainsi que son efficacité à de faibles doses, le professeur Diederich annonce que son équipe envisage de poursuivre ses recherches pour découvrir le fonctionnent exact de ce candidat prometteur contre le cancer. Comprendre son action au niveau moléculaire permettra de se rapprocher d'un moyen d'aider les jeunes victimes du neuroblastome grâce à un traitement personnalisé adapté à leurs besoins.

 

Vous pouvez soutenir les recherches du LBMCC et leur combat contre le cancer en faisant un don à l'association non-lucrative Een Haerz fir kriikskrank Kanner.

 

L'étude originale :

Cell type-dependent ROS and mitophagy response leads to apoptosis or necroptosis in neuroblastoma
F Radogna, C Cerella, A Gaigneaux, C Christov, M Dicato and M Diederich
Oncogene advance online publication, December 7, 2015; doi:10.1038/onc.2015.455

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Flavia Radogna Claudia Cerella Anthoula Gaigneaux C. Christov Mario Dicato Marc Diederich

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